Recommandations

•   Les recommandations du Comité français de l'UICN


En se référant aux recommandations émises au niveau international par le Programme mondial sur les espèces envahissantes (GISP) et l'UICN, le Comité français de l’UICN recommande de :

Bâtir une stratégie nationale et locale contre les espèces exotiques envahissantes par :

  • l’élaboration et la validation de stratégies nationale et locale;
  • la mise en place de structures locales de coordination;
  • la création d’un mécanisme national de financement pour la gestion des espèces exotiques envahissantes;
  • le développement d’un programme opérationnel sur les espèces exotiques envahissantes dans l’outre-mer français.
Développer sans délai la réglementation nécessaire par :
  • l’application effective du Code de l'environnement (art L 411.5 et L 411.6) au contexte de l’outre-mer;
  • la mise en oeuvre de dispositions exceptionnelles pour la gestion des animaux domestiques divagants menaçant la biodiversité indigène;
  • la mise en place de mesures adaptées à la gestion des eaux de ballast pour la protection de la biodiversité marine;
  • la révision des listes réglementaires d’espèces protégées.
Renforcer la biosécurité par :
  • le renforcement des capacités de contrôle aux frontières;
  • la réorganisation de la procédure d’instruction des dossiers d’autorisation d’introduction d’espèces en associant les différents services administratifs concernés et en faisant appel si besoins aux avis d’experts;
  • l'application systématique de l’analyse du risque pour toutes demandes d’autorisation d’introduction volontaire et/ou d’utilisation d’une espèce exotique;
  • l'acquisition par les collectivités d'outre-mer de la compétence d’instruction des analyses de risque;
  • la construction indispensable d’infrastructures de quarantaine et d’analyse;
  • le financement pérenne de programmes régionaux de biosécurité.
Favoriser des programmes de lutte opérationnels, orientés vers la détection précoce et la réaction rapide, coordonnés par :
  • la création de cellule de veille, de détection et d’intervention rapide;
  • la création d’un fonds d’urgence local;
  • une meilleure coordination des efforts et une mutualisation des moyens techniques et des données existants;
  • l’amélioration des capacités de diagnostic et d’expertise taxonomique;
  • la hiérarchisation des priorités d’action;
  • le suivi et l’évaluation systématique des programmes de lutte.
Développer une stratégie de communication et d’éducation efficace par :
  • la définition de programmes d’informations et de formation spécifiques à l’intention des différents publics;
  • l’évaluation de l’impact, du succès ou de l’échec des campagnes de communication;
  • l'intégration de la problématique des espèces exotiques envahissantes dans les programmes d’éducation et de sensibilisation;
  • l’explication des enjeux et des mesures mises en place et l’implication des populations;
  • la promotion de l’utilisation d’espèces indigènes pour limiter l’usage d’espèces exotiques envahissantes et le développement de guides de bonnes pratiques.
Répondre aux défis scientifiques par :
  • le soutien à la recherche pour améliorer la connaissance des espèces exotiques envahissantes et de leurs impacts, et pour développer les méthodes de diagnostic, de lutte et de restauration;
  • l’identification des priorités de recherche en adéquation avec les besoins de gestion;
  • le soutien à la recherche sur le milieu marin;
  • l’intégration de la recherche sur les espèces exotiques envahissantes dans les programmes sur les changements globaux;
  • la mobilisation au delà de l’outre-mer français.
Renforcer la coopération régionale par :
  • une meilleure intégration des collectivités d’outre-mer aux réseaux régionaux et aux programmes des organisations régionales sur les espèces exotiques envahissantes ou en favorisant si besoin l’émergence de telles structure;
  • le développement de programmes de recherche en collaboration régionale concernant des espèces d’intérêt commun ou la gestion de milieux similaires entre différents territoires;
  • la collaboration avec les institutions régionales afin de renforcer les capacités et les compétences locales et accroître les transferts technologiques(procédures, protocoles, outils…);
  • la mise en place d’ateliers régionaux sur les problèmes liés aux invasions biologiques.
Promouvoir une prise en compte formelle du problème au niveau européen et international par :
  • le traitement prioritaire du dossier au niveau européen;
  • le renforcement de la coopération avec les organes des conventions internationales et régionales et des structures pertinentes des Caraïbes, de l’Atlantique Nord, de l’Océan Indien et du Pacifique;
  • le soutien à l’élaboration par l’Organisation de l’aviation civile internationale de lignes directrices pour réduire des risques d’introduction par le transport aérien.