Miconia calvescens

Sur la liste des 100 espèces parmi les espèces les plus envahissantes au monde


Noms communs : Miconia
Collectivité : Polynésie française
Auteur : DC.
Famille : Melastomataceae
Règne : Flore
Organisme : arbre
Statut des populations : naturalisée
Statut d'envahissement : envahissant
Statut des impacts :
Date d'introduction ou de 1ère mention : 1937
Type d'introduction : intentionnelle
Voie d'introduction : plante ornementale
Conflit d'intérêt :
Milieu : terrestre

Note :

Le Miconia est légalement déclaré « menaçe pour la biodiversité ». Près de 80 000 ha ont été envahis à Tahiti, 35% de la surface de Moorea, et 2, 5 % de la surface de Raiatea. Sur Tahaa, Nuku Hiva, Fatu Hiva, Rurutu et Rapa, le Miconia a été introduit accidentellement à partir de terre contaminée et d’engins de chantier depuis Tahiti. Sur Tahiti, de 10 m à 1400m d’altitude, le Miconia a remplacé les forêts primaires par des couverts denses monospécifiques où la lumière arrivant au sol est extrêmement réduites. Entre 40 à 70 espèces de plantes endémiques de Tahiti, principalement des herbacées, arbustes, et petits arbres de sous bois, sont directement menacées de disparition (Meyer et Florence, 1996). La Délégation à la Recherche (dans le cadre d’une collaboration entre la Polynésie française, Hawaii et le Brésil) mène des études sur la lutte biologique contre le miconia depuis 1997. A l’issue des phases de recherche d’ennemis naturels dans l’aire d’origine du miconia et des tests d’efficacité et de spécificité à l’hôte en laboratoire, l’introduction d’un agent biologique, le champignon Colletotrichum gloeosporioides forma specialis miconiae), a été réalisée en 2000 à Tahiti. Le champignon provoque une défoliation partielle (5-35%) du Miconia. Une étude récente (Meyer and Fourdrigniez 2011) montre que plus la défoliation du miconia est importante plus la croissance et la régénération de la plante rare et endémique Ophiorrhiza subumbellata sont élevées. Un suivi de 3 ans des populations d’Ophiorrhiza sur un des sites de l’étude montre une augmentation du nombre de plants et de jeunes plantules suggérant un meilleur recrutement et une meilleure survie de l’espèce.


Bibliographie :

Meyer, J.-Y. & Florence, J. (1996). Tahiti’s native flora endangered by the invasion of Miconia calvescens DC. (Melastomataceae). Journal of Biogeography, 23: 775-781.

Meyer, J.Y. (2000). A Preliminary review of the invasive plants in the Pacific Islands (SPREP Member Countries). Pp. 85-114 in G. Sherley (compiler). Invasive Species in the Pacific. A Technical Review and Regional Strategy. South Pacific Regional Environmental Program, Apia.

Meyer, J.-Y. (2004). Threat of invasive alien plants to native flora and forest vegetation of eastern Polynesia. Pacific Science, 58: 357-375.

Florence J. Chevillotte H. Ollier C.& Meyer J.-Y. (2007). Base de données botaniques Nadeaud de l’Herbier de la Polynésie française (PAP). http://www.herbier-tahiti.pf

Fourdrigniez, M et Meyer, J.Y. (2008), Liste et caractéristiques des plantes introduites naturalisées et envahissantes en Polynésie française. Contribution à la biodiversité de Polynésie française n°17. Délégation à la Recherche, Papeete, 62 p + annexes.

Meyer, J.-Y., Fourdrigniez, M. (2011). Conservation benefits of biological control.The recovery of a threatened plant subsequent to the introduction of a pathogen to contain an invasive tree species. Biological Conservation 144 : 106-113.


Contributions : Jean-Yves Meyer (Délégation à la Recherche), Marie Fourdrigniez (Groupement espèces envahissantes de Polynésie française)

Sites internet : INPN, GISD

Date de dernière mise à jour : 25 / 07 / 2017
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