MISSION PARLEMENTAIRE SUR LES PLANTES EXOTIQUES ENVAHISSANTES : PUBLICATION DU RAPPORT D’INFORMATION

Une mission d’information parlementaire sur « la prolifération des plantes invasives et les moyens pour endiguer cette situation » a été menée pendant 4 mois par une quinzaine de députés de métropole et d’outre-mer. Co-présidée par les députés David Lorion (La Réunion), Gabriel Serville (Guyane) et Guy Bricout (Nord), elle a porté problèmes causés par les plantes exotiques envahissantes pour faire suite aux multiples inquiétudes de plus en plus régulièrement exprimées par de nombreux acteurs locaux.

Menée d’avril à juillet 2021, cette mission d’information a donné lieu à 5 déplacements de députés sur le terrain et à 19 auditions et tables-rondes rassemblant une soixantaine de représentants des différentes parties prenantes impliquées (chercheurs, associations de protection de la nature, services de l’état et des collectivités, établissements publics, entreprises privées et bureaux d’études, socio-professionnels). Lors de ces échanges une quinzaine de membres du réseau d’expertise scientifique et technique du Centre de ressources EEE (REST EEE) et du réseau EEE outre-mer ont ainsi été entendus et ont pu apporter des contributions orales et écrites.

Les rapporteurs de cette mission, les députés Nadia Essayan (Cher) et Patrice Perrot (Nièvre), en ont publié le rapport le 21 juillet dernier.
Il est accessible sur ce lien : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-dvp/l15b4391_rapport-information#

Après avoir dressé un bilan de la situation en France, le rapport propose 23 recommandations, organisées en trois axes :

  • Encourager la recherche relative aux invasions biologiques (2 recommandations)
  • Favoriser la prévention des introductions (11 recommandations)
  • Améliorer la réactivité et la coordination des politiques de gestion (10 recommandations)

Elles rejoignent pour la plupart des objectifs et actions déjà identifiés par la Stratégie nationale relative aux EEE. Les rapporteurs appellent particulièrement à un renforcement des moyens humains et financiers, en demandant par exemple de multiplier par 10 le montant des crédits alloués par l’État aux EEE (Recommandation n° 15 : Multiplier par dix les crédits de la sous-action 5 de l’action 7 du programme 113 « Paysages, eau et biodiversité »). Ils recommandent également une meilleure coordination des actions et appellent l’État à orchestrer les différentes politiques sur ce sujet.

Le Centre de ressources EEE est déjà impliqué depuis plus ou moins longue date dans la mise en œuvre de certaines recommandations proposées dans ce rapport, notamment celles concernant la mise en place d’un programme de recherche-action Invabio 2 (Recommandation n°1), la diffusion des connaissances et des expériences de gestion (Recommandation n°2), la mise en place de protocoles de biosécurité (Recommandations n°5 et 12), ou encore le traitement des déchets issus des interventions de gestion (Recommandation n°21).

Cette mission d’information parlementaire témoigne de la préoccupation croissante que représentent les EEE pour les citoyens et les élus. Rejoignant les principales recommandations exprimées par les acteurs clé sur le sujet depuis de nombreuses années (voir par exemple les recommandations issues des assises nationales sur les EEE organisées en 2014 par le Comité français de l’UICN, traduites pour la plupart dans la Stratégie nationale relative aux EEE), leur mise en œuvre devrait venir conforter les actions déjà engagées par la multitude d’acteurs présents aux diverses échelles de gestion des EEE.

Exhortant l’État à proposer des schémas clairs de gouvernance nationale et régionale, impliquant les acteurs des différentes politiques publiques concernées, incitant à une meilleure sensibilisation du grand public sur ces enjeux et insistant sur un renfort conséquent des moyens pour la recherche, les actions de prévention et de gestion, il reste maintenant à espérer que ces recommandations soient suivies par l’État et se voient traduites par un développement significatif d’actions concrètes avec l’adjonction de moyens humains et financiers adéquats, mobilisant l’ensemble des acteurs concernés.

Les conclusions de la mission parlementaire ont été transmises à Bérangère Abba, et les deux rapporteurs accompagneront la secrétaire d’État à la Biodiversité au Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille, en septembre.

Pour en savoir plus :

Rédaction : Emmanuelle Sarat (Comité français de l’UICN)

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